Avant-Propos

L’Enchantement-Deuil, Zaubertrauer pour les intimes, explications et réflexions …

Castoriadis, Fenêtre sur le chaos p.133 : « L’attitude du sujet face à l’oeuvre est (…) Zaubertrauer, “enchantement/deuil“ ou “deuil enchanté“. (…) le fait d’être frappé par quelque chose qui dépasse le cours normal des événements ». Et non pas attitude de compréhension ou d’élucidation. Plus loin, (p.156) Castoriadis cite deux poètes allemands : « celui qui a regardé la beauté avec ses propres yeux / s’est déjà donné à la mort » (August von Platten) et « car le beau n’est rien d’autre que le commencement du terrible » (Rilke), pour formuler ainsi l’évocation du deuil : « Le terrible c’est cette fin ; et cette ouverture vers autre chose, dans mon langage la fenêtre sur le chaos, qui est en même temps la fin du désir. »

Edmund Burke définit le Sublime comme  “ Tout ce qui est propre à exciter les idées de la douleur et du danger ; c’est-à-dire, tout ce qui est en quelque sorte terrible, tout ce qui traite d’objets terribles, tout ce qui agit d’une manière analogue à la terreur, est une source du sublime ; où, si l’on veut, peut susciter la plus forte émotion que l’âme soit capable de sentir.”

L’enchantement-deuil exprime une forme de la “révélation” sublime de l’art. Ne pouvant la saisir par notre esprit,  il ne nous reste qu’une élégiaque impression de frustration, de manque.

Dans ce blog, nous tenterons non d’élucider mais de proposer une réflexion sur le concept de Castoriadis, à travers tour à tour des applications personnelles et subjectives de l’enchantement-Deuil et des articles consacrés aux définitions même de l’Enchantement-Deuil.

Par Amandine, Leib et Eloïse : étudiants en histoire de l’art