« Réduit à un mince trait sinueux, il est déjà une frontière et un chemin. »

par lesespritsexaltesdutd3

Cette phrase de Focillon ( « Vie des formes » Puf.p27) dessine l’ambigüité de ce monde négatif qui survient entre nous et l’œuvre d’art, cet Enchantement-Deuil. Lorsque regardant l’œuvre d’art l’Enchantement-Deuil survient nous sommes abolit, et à travers nous notre monde: l’art ennemi du monde. Ce monde produit de l’art, monde artefact qui nous confronte, déréalisant le monde, se projetant en lui nous abjure d’abandonner notre monde, de s’abandonner à l’Enchantement-Deuil. Nous devons faire un choix, reconsidérer notre allégeance : notre monde ou le monde artefact! L’art est alors « une frontière et un chemin » (je corrompt pour ma cause le propos de Focillon qui initialement visait les formes et, dans cette phrase particulière, l’ornement.), « Frontière » car délimitant notre monde fini à l’aune de sa béance infinie, de son devenir; « Chemin » parce que ouverture vers ce monde négatif. L’Enchantement-Deuil est ce choix cornélien entre deux mondes ennemis.