Land Art

par eloise06

Walter De Maria, The Lightening Field,1977

« Travailler dans un environnement naturel ne signifie pas ipso facto faire du land art, comme on a trop souvent tendance à le croire aujourd’hui. Le land art est un mouvement historique né à la fin des années 1960 qui hérite souvent d’une esthétique minimaliste et qui, lié à une certaine compréhension du site, est caractérisé par l’utilisation de matériaux naturels, la terre et ses dérivés ».

Parmi ces land artists, certains s’intéressent prioritairement à ces matériaux comme Michael Heizer (né en 1944), pour qui les déserts de l’Ouest permettent de faire des œuvres de grande taille en travaillant avec des masses considérables. D’autres voient dans la nature le prolongement des galeries – Robert Smithson avec ses non-sites ou Dennis Oppenheim qui a reporté les limites de certains espaces d’exposition sur des espaces naturels plus ou moins reculés (galeries transplant). D’autres encore y trouvent l’occasion d’une expérience possible du sublime – Walter De Maria (né en 1935) – ou encore le lieu d’une pratique quasi rituelle à travers la marche dans le paysage dont l’œuvre exposée sous forme de photographies, cartes, textes, alignements de pierres ou cercles de branchages n’est que le reliquat (Richard Long, né en 1945, ou Hamish Fulton, né en 1946). Mais ce peut être aussi une nouvelle façon d’explorer les phénomènes de la perception et de la lumière (Nancy Holt, née en 1938, avec ses Locators en 1972 ou ses Sun Tunnels en 1973-1976) ou de produire des œuvres monumentales, spécifiques à leurs sites comme le Double Negative (1969-1970) de Heizer à Mormon Mesa dans le Nevada, ou la Spiral Jetty (1970) de Smithson à Rozel Point, Grand Lac Salé, dans l’Utah. » Encyclopédie universalis.

Le Land Art est, tout comme le romantisme du XIXème siècle, un mouvement artistique doublement intéressant dans notre concept d’enchantement deuil. En effet, il nous réduit par son imposante stature (toujours transférée dans la nature, qui est alors vue sous le point de vue de la nature « sublimante », « écrasante ») à une condition d’homme ne pouvant pas infléchir sur des sphères qui nous dépassent. Cela introduit la notion de deuil: l’homme se sent écrasé et impuissant face à cette nature bien trop haute et indomptable, réduit ainsi à de l’insignifiance.

D’autre part, cet art naturel nous élève, nous enchante, par sa soudaine accessibilité et le jeu qu’il engage par et pour le spectateur.  La nature, son cadre privilégié, nous rapproche de notre condition primaire et rassurante, et sa soudaine accessibilité peut nous aider à comprendre ou tout du moins à entrevoir une sphère bien plus haute et vertigineuse: là est tout le paradoxe de l’enchantement-deuil, que le Land Art exprime parfaitement.

Quelques liens pour en savoir plus sur le Land Art: